2020 – Haute Route Pyrénéenne

Qui ? Jérémy, Aubin (4 jours).
Quand ? juillet/août 2020.
Durée ? 23 jours.

Il existe différents moyens pour traverser la chaîne pyrénéenne. Le GR10 français ou le GR11 espagnol sont sans doute les sentiers les plus empruntés. Une trace plus sauvage et plus isolée existe : la Haute Route Pyrénéenne. Un itinéraire en équilibre sur la crête frontalière qui demande un peu plus d’organisation et d’autonomie que ses voisins. George Véron, initiateur de cette HRP, recommande dans ses topos : de bonnes qualités en orientation, une bonne condition physique pour venir à bout des 45 000 mètres de dénivelé et un équipement matériel conséquent.

Mon stage étant reporté à cause du Covid, je décide, un peu tard, de me lancer dans ce projet. Il s’agit de vérifier ce que l’on sait déjà : en France aussi nous avons de beaux terrains de jeu. Fort de mes expériences de la montagne et de l’aventure, je me lance le défi d’une traversée sans triche en retirant de mon sac le superflu pour ne garder que l’essentiel. 7 kg en moins et ce sont 4h de marche quotidienne en plus, à fatigue équivalente ! Mi-juillet, me voilà donc du côté d’Hendaye avec mon petit sac de 4,5 kg auxquels il faut ajouter ponctuellement jusqu’à 4 jours d’autonomie alimentaire. La tente, le réchaud et le pantalon restés à la maison, j’attaque les contreforts de ce massif mythique, l’esprit et le sac léger. Les cols d’altitude sont nombreux. J’ai d’abord arrêté de compter ceux à plus de 2500 m. Puis j’ai tout simplement arrêté de compter. Il n’y a pas d’unicité dans cet itinéraire mais autant de HRP que de HRPistes. Chaque jour, je suis les indications reportées sur mes cartes qui mènent mes pas dans des lieux totalement inconnus, alpin que je suis : l’inévitable Brèche de Roland et le cirque de Gavarnie, le col du Litérole Inférieur et ses 2983 m ou encore quelques sommets bonus aux abords de mon parcours tels que la Grande Fâche ou le Petit Vignemale, tout deux dépassants les 3000 m d’altitude. Pour passer certains névés, je dois jouer de véritables numéros d’équilibristes sous les yeux amusés des isards. Avec mon petit sac, tout paraît si simple. Le soir, je m’allonge à même le sol dans mon sac de couchage après avoir englouti un morceau de fromage acheté à une bergerie rencontrée sur la route. Le matin, je sors de dessous mon tarp trempé par la rosée, mange quelques biscuits et me rend dans la direction d’où émergent les premiers rayons du soleil. Parfois, des événements surviennent, difficiles et imprévisibles mais inévitables dans une telle aventure. Il faut savoir les accepter ! « Tout est en ordre car j’ai choisi d’être là avec ce matériel mais que puis-je faire pour remédier à cette situation inconfortable ? ».
Une dernière excursion au sommet du Canigou et me voici sur la plage bondée de Banyuls après 23 jours sur les sentiers.
La thèse est vérifiée, nous sommes riches de nos terrains d’aventure français !

Le film

Ils ont relayé cette aventure