Rara & Jumla : L’hiver s’installe !

Ça y est, nous sommes bel et bien en hiver. Tous les matins, nous zigzagons entre les langues de glace, rivières glacées recouvrant les chemins. Gants, bonnet, tour de cou et doudoune sont de sortie. Le soir, nos duvets tout juste installés, nous nous blotissons au coin du feu, au cœur de la pièce principale des maisons népalaises. Cette pièce sert à la fois de cuisine et de salle à manger. Nous mangeons tous les soirs notre dal bhat assis par terre, jamais seul, tout le monde se rassemblant autour du feu. Le Dolpo et Rara ne sont pas que des régions connues pour le froid, on découvre une spécialité qui nous rappelle bien la France, les noix. Parfait pour accompagner ses biscuits à la pause de 10h ! Les habitants sont également des amateurs de chevaux. Que ce soit pour transporter des marchandises ou tout simplement se déplacer, ils sont partout. Nous les croisons souvent en liberté, dans les pâturages, pour notre plus grand plaisir.

Après avoir joué au yoyo entre les cols à 3900m et des brouettes, rencontré des personnes formidables et surprenantes, notre arrivée au lac Rara (Mahendra Tal en népalais), le plus grand lac du Népal, ne nous laisse pas indifférent. C’est véritablement un symbole pour nous puisque c’est le dernier parc national que nous traversons, nous rappellant que la frontière n’est plus qu’à quelques pas.

7 décembre 2018 : Dunai – Liku (+600/-200m)

Pour contourner le massif du Dolpo par le Sud, il faut d’abord suivre une route carrossable très peu empruntée et remonter toute la vallée jusqu’à un premier col. Rien d’extraordinaire à prévoir donc. Mais tout peu arriver au Népal et nous en faisons à nouveau l’expérience à la mi-journée !

La matinée est assez monotone mais les paysages sont bien présents. L’environnement est aride et le peu de végétation confère aux lieux un côté sauvage.

Alors que nous arrivons près de Tripurakot, nous croisons un groupe de militaires et demandons notre chemin. Soudain, apparaît le lieutenant colonel, très charismatique et qui veut à tout pris nous aider. Lorsqu’il découvre que nous suivons des études d’ingénieur et qu’Aubin étudie dans le même domaine que lui, il nous emmène au village pour nous offrir un café ! Nous voilà donc autour d’une table en comité restreint à discuter de notre projet, de la vie au Népal et de la construction d’une nouvelle route qui est gérée par son régiment. Nous apprenons que le colonel n’est rien d’autre que Bishwo Bandhu Pamadee personnage connu et respecté dans le pays. Bientôt, le café se transforme en dal bhat, puis en omelette, puis en une deuxième. Nous avons eu la chance de goûter un spécialité locale, le riz rouge, un délice ! Et lorsque qu’il nous accompagne pour nous conduire sur le bon chemin, le repas une fois terminé, il nous achète des pommes pour la route ! On croit rêver ! Il nous dit :

« You need energy on the road ! »

Quel formidable moment passé avec ce militaire ! Nous avons rendez-vous avec lui en Janvier à Katmandou et Aubin va peut être avoir des contacts pour un PFE (projet de fin d’études) dans une entreprise népalaise d’hydraulique !

C’est la peau du ventre bien tendu que nous attaquons, presque en roulant, la montée vers Liku. Difficile cette digestion ! La journée terminée assez tôt, nous arrivons dans la guest house où sont fabriqués sans doute les plus gros samoussas du Népal. Impossible de résister !

8 décembre 2018 : Liku – Kaigon (+1900/–1700m)

Nous nous élançons dans l’ascension du premier col de cette section. Comme à de nombreuses reprises lors de cette traversée, nous nous plions au rythme népalais. Explications. La veille, nous nous sommes mis d’accord avec nos hôtes pour avoir de l’eau chaude à 6h (pour nos nouilles chinoises). Nous mettons donc le réveil à 5h30, tout contents de ne pas avoir à faire bouillir notre eau nous-mêmes ! Mais à 6h, lorsque nous sortons de la chambre dans le noir complet et dans un froid de canard, nous ne voyons personne. Ni lumière allumée, ni feu dans le poêle. Pas âme qui vive ! Après plusieurs expériences de ce type, nous avons tiré la conclusion que les gérants ont pour réveil le bruit que nous faisons en sortant. Et nous prenons l’habitude de terminer nos journées au crépuscule !

La montée est longue, les corps sont usés par les kilomètres de marche et le col ne s’avale pas aussi facilement qu’en début de traversée. Nous croisons sur notre route de jolis petits villages et notre passage se fait à chaque fois bien remarquer.

Sur le chemin, nous sommes pris dans un gros ralentissement. Les troupeaux de chèvres s’en vont pâturer alors nous nous mettons à leur rythme !

Depuis le col, nous apercevons encore le massif du Dhaulagiri avant de redescendre dans la vallée.

À la guest house, nous visionnons des matchs de catch avec toute la maisonnée !

9 décembre 2018 : Kaigon – Chotra (+1600/–1200m)

Les compteurs sont remis à zero. Tout ce que avons monté la veille est à refaire. Le col du jour est à 3900 m et nous partons de 2600 m. Encore une bonne journée en perspective !

Le chemin de la carte a laissé place à une route carrossable, empruntée par quelques motos et tracteurs pour aller jusqu’à Jumla. Nous entamons par une bonne session de montée népalaise. De la montée, mais jamais bien longue puisqu’elle est entrecoupée de petites descentes qui démoralisent !

Nous croisons quelques népalais qui font le même trajet que nous. Le col passe mieux que la veille et offre peut être la dernière vue sur le massif de Dhaulagiri que nous aurons eu dans notre champs de vision pendant un bon bout de temps !

Le soir à Chotra, nous partageons le repas avec une dizaine de personnes dont des moines bouddhistes et un « big lama », enseignant de la voie religieuse. On nous offre un café (le deuxième de la traversée en trois jours !) et on attend que le big lama mange pour être servis !

10 décembre 2018 : Chotra – Jumla (+500/–1200m)

L’hiver est bel et bien arrivé et il fait très froid lorsque nous émergeons sur les coups des 6h. Il faut attendre 10h pour que le soleil fasse son apparition car nous empruntons un fond de vallée très encaissé. Il faut faire attention car le chemin est une véritable patinoire par endroit !

Le col du jour est un petit joueur avec ses 2900 m mais le paysage est tout de même à la hauteur !

A Jumla, nous goûtons à nouveau à la frénésie d’une grosse ville népalaise ! C’est la première fois depuis Béni ! Circulation, poussière et samoussas !

11 décembre 2018 : Jumla – Nauri Ghat (+1500/–1200m)

La ville est encore endormie quand nous la quittons. Nous partageons pendant un bref instant le footing matinal d’un népalais, puis progressivement, nous quittons les habitations et prenons de la hauteur.

Après la pause gâteaux du matin, nous suivons un chemin qui nous semble être le bon. Nous ne croisons personne et c’est impossible de confirmer notre intuition. Le début des galères commence ! Nous nous disions bien que nous ne nous étions pas assez perdus pendant cette traversée ! 3h pour se rendre compte que le chemin ne correspond pas au topo, essayer des sentiers qui partent dans la forêt, monter à une maison demander aux habitants et finalement retourner sur nos pas et faire la pause déjeuner au même endroit que la pause de 10h. Une première dans la traversée !

Pas de vue resplendissante au col mais un ciel qui se couvre et des nuages qui se montrent menaçants.

A Nauri Ghat, nous mangeons notre dal bhat assis par terre autour du feu sous les yeux intrigués des villageois. Après plus de deux mois et demi, on commence à avoir l’habitude !

12 décembre 2018 : Nauri Ghat – sous Jhyari (+1200/–1200m)

A l’image de la veille, nous entamons la journée par… Un égarement ! Heureusement pour nous cette fois ci, des népalais qui passaient par là (les mêmes qui nous observaient pendant le repas !) nous sifflent et nous remettent sur le droit chemin. Un peu plus loin, nous croisons des singes ! Étonnant, nous sommes en hiver à plus de 2900 m d’altitude !

Du côté de Bulbule, nous tombons sur un Check post. Nous entrons dans le Rara National Park ! Après avoir rempli nous même les fiches archives, nous passons le dernier col à plus de 3000 m de la traversée.

Dans la descente et malgré nos déboires des précédents jours, nous tentons un shortcut indiqué dans le topo. Après quelques moments de doutes au milieu de la forêt de pins, un berger nous indique que nous sommes sur la bonne route ! Super ! Nous ne sommes plus qu’à quelques encablures de Rara Lake !

Nous sommes hébergés chez un couple qui vit dans une maison assez rustique. Nous avons le droit à un dal bhat de grandes occasions, encore une fois à base de riz rouge.

13 décembre 2018 : sous Jhyari – Rara (+800/–300m)

C’est sous la neige que nous attaquons la dernière montée vers Rara Lake. Quel plaisir de voir le sol se recouvrir de blanc. Il ne manquait que ça dans cette traversée !

L’étape est courte car nous souhaitons passer du temps à Rara, petit village au bord du lac. Un peu avant midi, apparaît l’immense étendu d’eau. Nous sommes bien sur la rive du plus grand lac du Népal ! Depuis le temps que nous avons cet endroit en tête, il apparaît comme un aboutissement de la traversée et nous rappelle que la fin est proche.

La zone est protégée notamment du fait de sa biodiversité qui compte plus de 50 espèces de mammifères dont l’ours himalayen !

Nous entrons dorénavant dans le Far West népalais pour la dernière section de l’aventure !

À très vite !

La bande

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