Annapurnas : Mon dernier 8000 !

Ça y est, nous y sommes ! Cela fait une vingtaine de jours que nous vous en parlons, maintenant nous arrivons bel et bien dans les Annapurnas ! Ici, nous retrouvons donc la haute altitude, quittée à Namche Bazaar, mais, surtout, nous foulons notre second trek majeur du pays ! Nous retrouvons aussi le tourisme et les prix excessifs mais restant tout de même plus raisonnables que dans la région de l’Everest. Aussi, nous laissons derrière nous, parfois avec quelques regrets, les échanges avec les populations locales, troquées pour les négociations avec les gérants de lodges et les discussions avec les touristes. Cap donc vers le Thorung La (5416m), notre 4ème et ultime col à plus de 5000m que nous atteignons après avoir remonté plusieurs jours la vallée de la Marsyangadi Nadi, un torrent enragé, alimenté par les glaciers des Annapurnas.

Bilan du trek : cette section nous laisse avec des émotions antagonistes.

D’une part, le bonheur, l’émerveillement ! Aucun doute, la haute altitude nous met encore une fois une grosse claque, avec ses pointes enneigées, ses langues glacières, ses immenses séracs, mais pas que… La vallée que nous remontons la première semaine nous ravie par ses couleurs contrastantes : les forêts de conifères, les alpages de yacks, les roches vives et les glaces des sommets himalayens se réunissent au sein d’une même vision. Une fois le col passé, ce sont les points de vue sur la région du Mustang, désertique, rocheuse et immense qui nous estomaquent. Nous marchons à cet instant sur les pas de Maurice Herzog et son équipe, qui ont reconnu ces terres avant leur ascension mythique de l’Annapurna I (8091m), premier 8000m gravi en 1950. Leur aventure est racontée dans le livre « Annapurna, mon premier 8000 », que François est d’ailleurs en train de dévorer chaque soir. En somme, nous nous sommes régalés et c’est sans aucun doute un trek que nous recommanderons !

D’autre part, la déception face à certaines difficultés rencontrées. Tout n’est malheureusement pas tout blanc ou tout noir et cette section est marquée d’étapes complexes pour l’aventure 400 lieues sur la Terre. Tout d’abord, Aubin, sévèrement atteint par une tourista carabinée, reste alité plusieurs jours. Nous prenons du retard et nos espoirs d’atteindre la frontière avant l’expiration des visas s’éloignent de plus en plus. Le pauvre jeune homme n’est vraiment pas gâté vu qu’il doit prendre la décision difficile de faire appel à une Jeep pour avancer de quelques villages et se reposer. Autre épreuve pour la bande, Thibaud qui prend lui aussi une lourde décision, celle de mettre fin à sa traversée. Retrouvez son explication sur notre publication Facebook !

Dernier point concernant l’importance de cette section, elle marque la fin du deuxième mois de marche, nous y parcourons notre 1000ème kilomètre et nous y apercevons nos deux derniers sommets de 8000m ! Lorsque nous regardons derrière nous, le chemin avalé nous rend fier et nous motive pour tracer la route plein Ouest durant les dernières semaines restantes. Que le temps est passé vite !

Beaucoup de choses à raconter dans cette article donc, mais ne vous inquiétez pas, nous l’avons parsemé d’images pour vous distraire dans votre lecture ! 😉

13 novembre 2018 : Besisahar – Bahundanda (+600m)

Pour ce début de tour des Annapurnas, nous nous attendons au pire. Nous avons lu partout que les premiers jours consistent à suivre une piste goudronnée. Pas très réjouissant donc, François qui est allergique au bitume vous en parlera avec plaisir.

Une fois n’est pas coutume, départ après un jour de pause veut dire départ frais, les jambes prêtent à avaler du terrain… Enfin pas tout à fait ! À peine 2h de marche sur la piste (finalement aucune trace de goudron et peu de circulation) et Aubin nous fait un aller retour derrière les buissons. 10 minutes plus tard, rebelotte ! C’est du sérieux, on dirait que la petite bestiole qui nous avait gardé couchés à Jiri est de retour pour lui, il passe la soirée au lit sans toucher à son dîner. Heureusement pour son intimité, nous croisons peu de touristes, le vrai trek commençant plus tard au niveau de Jagat voire même de Manang pour ceux ayant opté pour une approche en Jeep.

Nous remontons la piste finalement non-goudronnée

À Bahundanda, nous sommes accueillis par la plupart des gérants de lodge qui se jettent littéralement sur nous pour nous proposer leurs services. Très désagréable comme sensation mais nous en profitons pour faire jouer la concurrence. Cela nous vaut de battre notre record ! 200 roupies par personne pour la nuit et le dal bhat. Qui plus est, nous pouvons profiter d’une douche chaude, la troisième depuis le début ! Qui dit mieux ?

14 novembre 2018 : Bahundanda – Tal (+1300/-900m)

Cette fois-ci, on ne nous a pas menti. C’est bien du bitume que nous retrouvons en fond de vallée. Tandis qu’Aubin, affaibli par son virus et son manque d’appétit, zigzague à l’arrière du peloton, nous passons de nombreuses cascades se jetant dans la Marsyangadi Nadi, rivière à la folie furieuse qui parcourt le fond de vallée. Plus nous montons et plus l’impact du tourisme se fait ressentir : les lodges, très bien décorés, parsèment notre chemin. Nous apercevons aussi des « hot springs », des sources chaudes très présentes dans la région.

De nombreuses cascades sillonnent les versants de la vallée

En fin de journée, nous quittons la piste pour un sentier beaucoup plus nature au milieu des troupeaux de vaches/yacks. Félicitations à Aubin ! Ce dernier raidar avant Tal lui en a fait voir de toutes les couleurs. Ses mots résument très bien la situation :

« Le pire jour de la traversée »

15 novembre 2018 : Tal – Dharapani (+400/-200m)

Le pauvre a parlé trop vite… Le matin, il n’est toujours pas remis après une nuit au petit coin. Cette maudite tourista ne nous laissera donc jamais tranquille !?

Le magnifique sentier que nous empruntons ne suffit pas à changer la donne. Imaginez le tableau. Au loin, les montagnes grandioses saupoudrées d’une neige toute fraîche, les chutes d’eau tranchant le vert jaunâtre de la végétation à plus basse altitude et le cours d’eau enragé qui semble provenir tout droit des glaciers. En premier plan, Aubin, la tête entre les genoux qui va chercher dans ses dernières réserves pour avancer. S’en est trop, nous décidons de nous arrêter après 3h de marche pour que le vaillant gaillard reprenne du poil de la bête et tant pis pour le jour perdu !

Le fond de la vallée encaissée est barré par les premiers sommets, particulièrement enneigés avec les chutes de la nuit
Aubin en grande difficulté, nous arrêtons l’étape en milieu de matinée

16 novembre 2018 : Dharapani – Chame (+1200/-300m)

La pseudo journée de repos n’a pas vraiment fait le travail pour Aubin. Nous repartons dans ses traces et le pauvre est très affaibli. Nous avançons très doucement et à chaque pause il doit s’assoir. Les paysages sont déjà grandioses alors que nous ne sommes qu’à 2600m. Nous avons en même temps dans notre champs de vision les feuillus dénudés par l’automne, les sapins un peu plus haut, puis les rochers et enfin les glaces éternelles. À Timang, après avoir fait une pause déjeuner avec vue sur le Manaslu au loin, nous prenons une décision pour la suite. Aubin ne peut pas récupérer en continuant d’avancer comme ça. Nous le laissons pour qu’il prenne une Jeep aux allures d’ambulances, direction Manang où nous passerons dans deux jours. Nous avons l’espoir qu’il se remette !

Superbe vue sur le Manaslu pour la pause déjeuner

C’est donc à trois que nous attaquons l’après-midi. Le fond de la vallée est barré par l’Annapurna II (7937m) qui nous surplombe, presque 6000m plus haut.

L’Annapurna II apparaît dans la brume

Le soir à Chame, nous gouttons aux sources chaudes ! Si chaudes, qu’il est difficile de rentrer dedans mais quel délice ! Si chaudes qu’elles auront raison de François après une heure de bain. Il nous fait un gros malaise, inerte une longue minute, et par la même occasion une immense frayeur ! Heureusement, notre ami roumain rencontré un peu plus tôt a su réagir pour le réveiller après un instant suspendu, nous paraissant interminable. La montée d’adrénaline ne nous fait même pas sentir le froid piquant alors que nous sommes en caleçon à l’extérieur des bassins.

Bains chauds pour Jérémy, François et Thibaud… Tout sourire avec que François nous fasse une frayeur !

17 novembre 2018 : Chame – Ghyaru (+1200/-200m)

En arrière plan de nos nouilles chinoises matinales, nous profitons du spectacle intense des sommets déjà sortis du noir ! Nous ne sommes que trois au départ ce matin et ça fait un peu bizarre !

L’Annapurna III commence à apparaître dans le fond de la vallée

La route que nous suivons, typique de l’Himalaya avec ses passages en falaise plusieurs mètres au dessus du torrent, nous amène jusqu’à un plateau à l’allure féerique. Nous passons une immense dalle lisse de plusieurs centaines de mètres de haut puis nous avançons entre les conifères, les prairies ainsi que les troupeaux de yacks qui, de loin, font penser à des troupeaux de bisons ! Si on lève la tête, nous pouvons admirer l’Annapurna ll et son sommet en forme de cratère.

Une immense dalle toute lisse monte au fond de la vallée

Un petit raidar pour rejoindre Ghyaru et nous voilà arrivés juste à temps pour admirer le coucher de soleil derrière le massif. Le vent qui remonte de la vallée, impressionnant et glacial, écourte la pause qui aurait pû durer des heures !

18 novembre 2018 : Ghyaru – Manang (+300/-500m)

Le froid piquant dans la chambre a du mal à nous faire sortir des duvets. Nous devons nous mettre en route pour récupérer Aubin à Manang à la mi-journée. Difficile d’avancer vite avec le paysage qui nous entoure… Annapurna II (7937 m), Annapurna III (7555m), Annapurna IV (7525m) et Gangapurna (7455m) sont nos sentinelles pour la journée, nous accueillant dès le lever de soleil. Sur le versant d’en face, des roches grises marquées par l’érosion semblent sortir de nulle part. Un peu plus loin, nous rejoignons la vallée qui mène à Manang. Le ruisseau traverse les prairies rougeoyantes. C’est de toute beauté !

Petit déjeuner direct dans le sac de couchage !
La vallée de la Marsyangdi nous émerveille !

Nous retrouvons Aubin pour la pause de midi. Malheureusement, il n’est pas encore remis sur pieds, bien qu’il retrouve petit à petit du poil de la bête. Nous ne voulons pas prendre de risque avec l’ascension du col qui nous attend donc nous nous arrêtons là pour aujourd’hui. Programme de l’après midi : balade dans les alentours, course de chevaux et un petit tour à la bakery du coin !

Courses de chevaux dans Manang

19 novembre 2018 : Ice Lake (+1300/-1300m)

Le col c’est toujours pas pour aujourd’hui mais comme les alentours de Manang (3560m) offrent un terrain de jeu incroyable, nous (Thibaud, François et Jérémy) partons faire une randonnée à la journée. Direction Ice Lake et ses 4600m d’altitude qui permettent une bonne acclimatation. Loin d’être un lac où l’on peut patiner dessus, il n’est que partiellement gelé. Publicité mensongère ? La vue sur la vallée et les sommets avoisinants ne nous permettent pas de nous éterniser sur la question et c’est une immense claque que nous prenons en pleine face.

Décidément, les Annapurnas c’est quelque chose !

La stuppa dans la montée à Ice Lake face à l’immensité de l’Annapurna II
Jérémy teste la solidité de la glace ! Il tente même un moonwalk

20 novembre 2018 : Lac Gangapurna

C’est toujours pas bon pour Aubin mais ça s’améliore de jours en jours ! Petite journée farniente pour toute l’équipe donc ! François, Jérémy et Thibaud en profitent pour faire une balade au lac Gangapurna et s’y poser un peu pour faire bronzette, au pied de l’Annapurna III et du Gangapurna.

Le sommet Gangapurna, son glacier et son lac

Sur le chemin du retour, Jérémy poursuit sa promenade dans les hauteurs de Manang. L’occasion pour lui de tomber nez à nez avec un troupeau de chèvres bleues !

Un « chevreau bleu » dans les hauteurs de Manang

21 novembre 2018 : Manang – Yak Kharka (+500m)

Ça y est, c’est le grand jour, nous pouvons poursuivre notre montée vers le col avec un Aubin remis sur pied (nous avons même cru entendre un « Le dal bhat de ce soir je le casse en deux » sortir de sa bouche). Direction Gunsang donc, pour voir comment notre bonhomme se déhanche.

Le circuit des Annapurnas offre un contraste de couleurs grandiose

Arrivés pour la pause repas (nous ne sommes pas partis aux aurores), on peut dire que le déhanché d’Aubin nous a convaincu. Nous décidons de poursuivre jusqu’à Yak Kharka ! Notre progression bifurque maintenant plein Nord, quittant la Marsyangadi Nadi partie prendre sa source dans le Tilicho Lake, autre trek célèbre de la région. Les Annapurnas dans le dos, nous faisons face aux sommets encadrant notre objectif, le Thorung La. Vient s’ajouter de superbes rencontres : nous croisons de nombreux troupeaux de chèvres bleues, vraiment pas sauvages !

Pause pique-nique devant les Annapurnas (II, IV et III sur la photo)

22 novembre 2018 : Yak Kharka – Thorung Phedi (+500m)

Nous continuons de suivre la vallée et Aubin reprend des forces à vue d’œil. La veille, il a mangé son premier dal bhat depuis plus d’une semaine, une petite victoire ! Les mètres défilent très progressivement et nous voilà à près de 4500m d’altitude à Thorang Phedi. À nouveau, nous sommes hypnotisés par ce qui nous entoure. En contrebas, le lit de la rivière s’est élargi. Un peu plus haut, les prairies rougeoyantes tranchent avec les roches sombres et les glaces éternelles. Malgré le vent qui nous pose quelques difficultés pour allumer le réchaud, il fait très beau et c’est de bon augure pour le col du lendemain !

À chaque fois que nous nous retournons, nous contemplons les Annapurnas dans le fond de la vallée, majestueux !

23 novembre 2018 : Thorung Phedi – Muktinath (+1000/-1600m)

C’est le jour J ! Enfin nous allons passer le col Throrong La à 5416m et basculer du côté du Mustang ! Nous remontons nos chaussettes, nous enfilons surcouche sur surcouche et c’est parti ! Les gourdes ne sont qu’à moitié pleines car tout gèle à partir de 17h. Il va falloir faire avec !

Nous attaquons le raidar de la journée qui mène à la sortie d’un grand pierrier au High Camp. Ensuite, la montée devient régulière et la pente légère. Rien à voir avec les cols de l’Everest, beaucoup plus abruptes. Nous passons au soleil. Le paysage est lunaire. De la roche grise à perte de vue avec par-ci par-là des traces de la dernière chute de neige.

Dans la montée pour le Thorung La, le paysage commence déjà à être désertique

Le vent se lève ! Le passage du col nous décape les oreilles. Nous tentons tout de même un petit footing pour rejoindre un lac sur les hauteurs, mais l’altitude nous rappelle vite à l’ordre ! Les drapeaux à prières virevoltent dans tout les sens dans un bruit strident. Quelques photos et nous entamons la descente, emitouflés dans nos doudounes, Gore-Tex et tutti quanti. Toujours pas d’eau depuis le lodge. L’autre versant du col, nous offre un paysage désertique et très aride : c’est le célèbre Mustang. Le massif des Annapurnas est connu pour stopper les précipitations venant du Sud, même celles de la mousson. Le paysage que nous découvrons est donc hors du commun. Sans description, nous vous laissons vous en faire une idée en photo.

Ça y est ! Nous sommes au col ! Le temps d’une petite photo et nous repartons, poussés par les bourasques
Un nouveau paysage s’offre à nous, le Mustang !

À Muktinath et alors que le soleil se couche du côté du Dhaulagiri, nous découvrons le temple, imposant, symbole de la ville.

24 novembre 2018 : Muktinath – Marpha (+200/-1300m)

Prêts pour redescendre dans la vallée, nous ne pouvions quand même pas partir sans visiter le temple de Muktinath. La ville est en effet un lieu de pèlerinage important, aussi bien pour les bouddhistes que pour les hindous. C’est l’une des seules places sur Terre rassemblant les 5 éléments constituant l’univers d’après ces deux religions (le feu, l’eau, le ciel, la terre et l’air). Petit tour dans le lieu saint donc, avec sa statue de Bouddha immense et ses 108 fontaines (chiffre sacré). Eh oui, il faut passer sous chacune d’entre elle (à savoir qu’au sol, l’eau est gelée) pour pouvoir entrer dans le temple. Nous passons donc quelques instants à regarder les jeunes népalais courir sous l’eau froide, avant de visiter le monastère bouddhiste et d’entamer notre journée de marche. L’eau glacée, nous nous en passons !

Les 108 fontaines d’eau sous lesquelles les népalais courent en sous-vêtements

Nous quittons donc Muktinath par la piste que nous suivons plus ou moins toute la journée. À mesure que nous avançons, le décor désertique du Mustang se dévoile un peu plus à nous. Un mélange de couleurs magnifiques dont nous ne nous lassons pas !

Une fois le fond de vallée et sa rivière atteints, nous pouvons admirer le Dhaulagiri (8167m) face au Nilgiri Nord (7061m), véritable contraste avec le lit de la rivière très large et plat.

La redescente dans la vallée se fait entre le massif des Annapurnas et du Dhaulagiri. Ici, nous faisons face au Dhaulagiri et au Tukuche Peak

En milieu d’après-midi, nous atteignons Jomsom, notre objectif du jour. Les prix des lodges exorbitants nous poussent à continuer jusqu’à Marpha, petit village piéton super mignon, accompagnés de Baguera, un berger allemand randonneur !

25 novembre 2018 : Marpha – Lete (+300/-500m)

Comme la veille, la journée commence par la découverte de la culture locale. Ici, ce sont les pommes que l’on cultive en grande quantité. Nous nous retrouvons donc, à 7h30, à engloutir 1L de cidre de Marpha à 4 sur le trottoir d’un petit shop ! Moins pétillant mais plus sucré que le français, l’expérience est clairement validée !

Dégustation du cidre de Marpha, de bon matin…
Les ruelles piétonnes de Marpha

À la sortie de Marpha, nous retrouvons Baguera ! Malheureusement, pour pas longtemps… Lorsque nous bifurquons pour le sentier de trek, il refuse de traverser la passerelle himalayenne et nous perdons sa trace.

Baguera nous retrouve à la sortie du village !

Le sentier traverse de magnifiques forêts de pins, à travers lesquelles nous apercevons régulièrement le massif du Dhaulagiri. Un véritable régal !

Nous entrons progressivement dans le cirque du Dhaulagiri, en évoluant sur le lit de l’ancienne vallée glacière

À midi, nous sommes accueillis dans le village de Saura par… Des aigles ! Ils planent par dizaines dans les thermiques qui remontent le long des falaises surplombant le village. Et attention, la bestiole affiche une sacré envergure, un bon 2 mètres !

Des vautours himalayens nous accueillent pour la pause déjeuner !

Le sentier de l’après midi est à l’image de celui de la matinée. Nous prenons un vrai plaisir à descendre cette vallée face au cirque du Dhaulagiri. Et surprise en fin de journée, voilà que l’Annapurna I (8091m) apparaît ! Il s’agit là du dernier 8000 de la traversée !

À gauche, l’Annapurna I et ses sommets satellites, à droite, l’Annapurna Sud et ses arêtes ascérées

26 novembre 2018 : Lete – Tatopani (+300/-1600m)

Cette fois-ci, nous n’échappons pas à la piste… Du moins les deux premières heures, avant de bifurquer sur un sentier de trek, en parallèle sur l’autre rive. En plus, ces deux heures sur la route assez matinales ne seront pas si désagréables, le trafic ne débutant qu’un peu plus tard.

Le sentier de trek nous évite de suivre la piste

En l’espace de quelques heures, nous retrouvons le décor que nous avions quitté au début de la boucle. Alors que nous faisions face à l’Annapurna I au petit matin, nous voilà de retour dans les rizières, les bananiers, la chaleur et les bas prix ! Nouveauté : des orangers !

Un peu avant d’arriver à notre ville étape, nous décidons de faire un détour par un point de vue indiqué sur notre carte. Après une montée sèche à travers un village sympathique, nous arrivons à ce qui semblerait être le point de vue sur le Dhaulagiri, la chaîne des Nilgiri et l’Annapurna Sud. Aubin et François, pas rassasiés, poursuivent plus haut pendant une bonne heure, alors que Jérémy et Thibaud refont le monde face à la cascade.

Une immense cascade verdoyante

Quoi de mieux pour terminer la journée qu’un bon bain dans une source d’eau chaude ?! Si la ville s’appelle Tatopani, littéralement eau (pani) chaude (tato), c’est bien parce qu’il y a des sources d’eau chaude ! Aubin, Jérémy et Thibaud s’y rendent donc après le repas, tout heureux à l’idée de se décrasser après cette journée de marche… Et en fait, désillusion ! Contrairement à Chame, les bains ne sont pas sauvages mais bien payants, et ils rentrent donc tous les trois avec une sensation de douche froide.

27 novembre 2018 : Tatopani – Beni (+100/-400m)

Pour ce dernier jour sur la boucle, nous n’échapperons pas à la route, aucun sentier alternatif existe. Histoire de marcher dans la poussière le moins longtemps, nous mettons donc le réveil pour 4h du matin (contre 5h30 d’habitude) et partons une heure plus tard à la frontale.

Nous profitons donc des premières heures « à la fraîche », sans les camions, bus, Jeeps et motos ! Les kilomètres défilent rapidement, malgré le trafic qui reprend dès le lever du soleil, et nous arrivons à Béni pour le repas du midi, dans un restaurant de traverse !

La piste et sa poussière… Au Népal, la végétation en bord de piste arbore cette triste couleur grisâtre…

En plus de marquer la fin du circuit des Annapurnas, ce jour est particulier pour 400 lieues sur la Terre car elle marque pour Thibaud son dernier jour dans la traversée. Eh oui, notre sudiste nous quitte, préférant l’enseignement à VHMaVi à la marche !

La suite de la traversée

Malgré le départ de Thibaud, la traversée continue pour nous. Nous quittons le massif des Annapurnas avec en ligne de mire la réserve de chasse du Dhorpathan, la région du Dolpo et pour finir le Far West, notre destination finale. Au menu, espaces sauvages, panorama sur la chaîne du Dhaulagiri, Rara le plus grand lac du Népal et surtout pour nous accompagner, tout du long, l’hiver népalais tant redouté…

La frontière Ouest n’a jamais été aussi proche, bien qu’elle soit encore loin et semble même inateignable. La grève des transports au début de l’aventure et les touristas à répétition nous ont effectivement fait perdre quelques précieux jours. La fin prématurée de nos Visas approchant rapidement, l’arrivée préalablement annoncée à Darchula pourrait être modifiée et redirigée vers une ville plus proche de nous. D’autant plus que cela nous éviterait de payer le permis associé (d’un montant de 90 dollars par personne). Notre motivation reste néanmoins intacte et nous ferons tout pour aller le plus loin possible. La suite bientôt dans les prochains articles !

À bientôt,
La bande

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